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Incendie de l'usine SBM à Béziers: Le MDRGF analyse les résultats de l'étude réalisée par la mairie de Béziers et les premières données divilguées par l'Institut National de l'Environnement industriel et des RISques (INERIS).

Alors que le MDRGF, et de nombreuses associations locales (dont ECCLA), s'inquiétaient des pollutions induites par l'incendie de l'entrepôt de pesticides de l'usine SBM, la mairie de Béziers, puis l'INERIS, ont apporté, après plusieurs semaines, des informtions complémentaires aux analyses effectuées par le laboratoire Analytika. Les résultats de la mairie, qui confirment ceux du MDRGF, sont pour le moins inquiétants... pourtant l'INERIS se veut rassurant.

Le MDRGF a étudié les résultats des analyses réalisées par le laboratoire LCA à la demande de la mairie de Béziers sur des feuilles prélevées à proximité de l’usine. Les substances trouvées ne révèlent pas une pollution ancienne mais, pour l’essentiel, sont la trace du nuage toxique dégagé lors de l’incendie de l’usine SBM, le 27 juin 2005.

Outre une douzaine d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et de nombreuses molécules de la famille des dioxines et des furannes, potentiellement cancérigènes, se trouvent de très nombreux pesticides.


Au total ce sont 59 molécules qui ont été mises en évidence à un niveau supérieur au seuil de quantification. De nombreuses substances possèdent des propriétés très inquiétantes, selon des agences gouvernementales ou sanitaires aussi reconnues que le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) ou l’Agence de Protection de l’Environnement des USA ( USEPA).

Au total il a été trouvé :

- 19 pesticides cancérigènes, probables ou possibles.

- 23 neurotoxiques (par inhibition des cholinestérases).

- 12 perturbateurs du systèmes hormonal, probables ou possibles.

- 4 suspectés d’être des toxiques du développement et/ou de la reproduction

- 1 pesticide suspecté d’être mutagène.

De plus le MDRGF révèle que, parmi ces 59 pesticides, 24 sont interdits d’utilisation en France, car considérés comme trop dangereux! Ces produits étaient probablement fabriqués pour l’exportation, ce qui en dit déjà long sur les pratiques en la matière…

Mais l’incendie a diffusé ces pesticides dans l’environnement, exposant la population à leurs dangers. Le MDRGF demande donc que, dans un soucis de cohérence, la législation intègre ce fait et interdise la fabrication et le stockage sur le territoire national des pesticides interdits d’utilisation en France, afin de protéger complètement la population et l’environnement de leurs dangers.


« Ces résultats confirment ce que nous avions déjà annoncé mi-septembre » déclare François VEILLERETTE, Président du MDRGF

C’est donc bien un cocktail chimique dangereux qui s’est déversé dans l’environnement lors de l’incendie.

L'INERIS a présenté des pré-résultats de l'étude officielle sur l'impact sanitaire de l'incendie , le 19 octobre 2005 à Béziers, lors de la réunion de la CLIC (Commission Locale d'Information). Ces premières données se veulent rassurantes. A noter que l'essentiel de l'éude n'a pas encore été dévoilée et doit être rendue public d'ici la fin de l'année.