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L’ACAP réagit à la campagne de pub de l’UIPP pour les pesticides – Février 2005

L’Union des Industries de la Protection des Plantes (ou UIPP) vient de commencer une campagne de publicité d’envergure pour faire la promotion des produits que ses adhérents – les firmes phytosanitaires – fabriquent et commercialisent. Elle développe trois grandes idées :

Les produits bio ne seraient pas meilleurs que les aliments issus de l’agriculture intensive. FAUX

Selon l’UIPP : « À ce jour, il n'a pas été démontré que les produits issus de l'agriculture biologique possédaient des qualités nutritionnelles supérieures à celles des produits issus de l'agriculture “traditionnelle(*)”. ». Leur lecture du rapport de l’AFSSA sur les aliments de l’agriculture biologique, juillet 2003 (1), pris en référence est pour le moins restrictive! Le rapport dit en effet clairement que : « Le mode de production biologique, en proscrivant le recours aux produits phytosanitaires de synthèse, élimine les risques associés à ces produits pour la santé humaine et concourt à une moindre pollution environnementale, notamment de la ressource en eau. » (p 128).

L’emploi des pesticides de synthèse serait indispensable. Encore faux !

L’UIPP suggère que nous aurions à choisir entre les pesticides ou la famine, en employant des phrases comme : « Dans le passé, en l’absence de traitement adapté des récoltes, des cultures entières ont été anéanties, à l’origine de famines. ».

Pourtant, des modes de conduite agricole comme la production intégrée (2) ou l’agriculture biologique produisent en quantité suffisante, en utilisant moins ou même plus du tout de pesticides de synthèse.

Des pays comme le Danemark, la Suède ou encore la Norvège ont divisé par deux, ou plus, leur consommation de pesticides en 5 à 10 ans et parviennent toujours à produire suffisamment (3).

Plus de 250 000 familles du sud et de l’est de l’Afrique travaillent environ 60 millions d’hectares en biologie (4), plus d’un tiers de la production agricole de l’ouest de l’Afrique est biologique…et ces personnes ne connaissent pas la famine.

Cette utilisation serait sévèrement contrôlée et ne serait pas dangereuse. Toujours faux !

Selon l’UIPP : « L'agriculture bio et l'agriculture “ traditionnelle ” sont toutes les  deux soumises à des réglementations sévères dont le respect garantit  l'absence d'effets négatifs sur la santé ».

Cette affirmation vise à faire croire aux consommateurs que les substances utilisées par chacune de ces deux agricultures sont exemptes de dangers. Elle est clairement fausse car les produits utilisés dans ces deux types d’agricultures ne présentent pas du tout le même niveau de toxicité.

Des produits aux niveaux de toxicité bien plus importants sont utilisés en agriculture intensive tel que des substances classées T ou T+ ( Toxique ou Très toxique), pouvant entraîner la mort (5). De plus, des multiples études s’intéressent aux effets à long terme des faibles doses de ces pesticides synthétiques, démontrant leur caractère cancérigène, mutagène, toxique pour la reproduction, perturbateur hormonal, neurotoxique (6) etc.

La Commission Européenne elle-même, dans son 6ème Programme d’action pour l’environnement, a reconnu  qu’il y a « des preuves suffisantes pour suggérer que les problèmes associés à la contamination de l’environnement et des aliments par les pesticides sont sérieux et s’aggravent ».

Cette contamination généralisée est l’œuvre des pesticides de synthèse dangereux utilisés par l’agriculture intensive, et non pas celle de l’agriculture biologique, qui n’en utilise pas !

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* L’agriculture « traditionnelle », selon l’UIPP, n’est autre que l’agriculture intensive (ou encore dite conventionnelle ou raisonnée) basée sur l’utilisation élevée d’intrants chimiques (engrais et pesticides). L’agriculture biologique, qui n’emploie pas de pesticides de synthèse, utilise elle des techniques agronomiques réellement traditionnelles.


1 "Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l’agriculture biologique" ; AFSSA, juillet 2003


2. En Suisse la production intégrée représente les x de la production agricole.
http://www.agriculture.ch


3. PESTICIDE USE REDUCTION IS WORKINGPesticide Use Reduction is working: An assessment of national reduction strategies in Denmark, Sweden, the Netherlands and Norway. Dec.ember 2003. PAN Europe.  Document en anglais disponible sur demande auprès du MDRGF.


4. FAO : www.fao.org


5. Index Phytosanitaire d’Acta 2005


6, Pour en savoir plus sur les risques pour la santé de l’utilisation de ces produits voir le livrePesticides, le piège se referme, de FrançoisF. Veillerette, Pesticides, le piège se referme, Ed Terre Vivante 2002, voir aussiou  «Pesticides and Human Health A Resource for Health Care Professionals», Gina Solomon, MD, MPH Senior Scientist, Natural Resources Defense Council Assistant Clinical Professor of Medicine, University of California, San Francisco, 2000, ou encore « L’homme en voie de disparition » Ed Terre Vivante, Dumanovski, Myers, Colborn 1996, et Pandora's poison, JoeThornton, MIP press 2002, et The Ontario College of Family Physicians, Systematic Review of Pesticide Human Health Effects, 2004 etc.